Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/464

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où monsieur Albert vous demande un rendez-vous ?

— Oui, monsieur, je dois même l’avoir sur moi.

Elle se leva, chercha dans sa poche et en sortit un papier très-froissé.

— La voici !

Le juge d’instruction la prit. Un soupçon lui venait. Cette lettre compromettante se trouvait bien à propos dans la poche de Claire. Les jeunes filles d’ordinaire ne promènent pas ainsi les demandes de rendez-vous. D’un regard il parcourut les dix lignes de ce billet.

— Pas de date, murmura-t-il, pas de timbre, rien…

Claire ne l’entendit pas, elle se torturait l’esprit à chercher des preuves de cette entrevue.

— Monsieur, dit-elle tout à coup, c’est souvent lorsqu’on désire et qu’on pense être seul qu’on est observé. Mandez, je vous prie, tous les domestiques de ma grand’mère, et interrogez-les, il se peut que l’un d’eux ait vu Albert.

— Interroger vos gens !… Y songez-vous, mademoiselle !

— Quoi ! monsieur, vous vous dites que je serai compromise. Qu’importe pourvu qu’il soit libre ?

M. Daburon ne pouvait qu’admirer.

Quel dévouement sublime chez cette jeune fille,