Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/469

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dans son fauteuil. Ses yeux étaient brillants de larmes.

— Voilà donc quelle elle est ! murmurait-il. Ah ! je n’avais pas fait un choix vulgaire. J’avais su deviner et comprendre toutes ses grandeurs.

Jamais il ne l’avait tant aimée, et il sentait que jamais il ne se consolerait de n’avoir pu s’en faire aimer.

Mais au plus profond de ses méditations, une pensée aiguë comme une flèche traversa son cerveau.

Claire avait-elle dit vrai ? n’avait-elle pas joué un rôle appris de longue main ? Non, certainement, non.

Mais on pouvait l’avoir abusée, elle pouvait être la dupe de quelque fourberie savante.

Alors la prédiction du père Tabaret se trouvait réalisée.

Tabaret avait dit : « Attendez-vous à un irrécusable alibi. »

Comment démontrer la fausseté de celui-ci, machiné à l’avance, affirmé par Claire abusée ?

Comment déjouer un plan si habilement calculé que le prévenu avait pu sans danger attendre les bras croisés, sans s’en mêler, les résultats prévus ?…

Et si pourtant le récit de Claire était exact, si Albert était innocent !…