Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/479

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


pensable que je donne des explications ? Envoyez seulement prévenir ma grand’mère par Schmidt, qui reviendra ici attendre notre retour. Je suis prête, monsieur.

— Soit ! dit le comte.

Et sonnant à tout rompre, il cria :

— Ma voiture !…

Pour descendre le perron, il voulut absolument que Claire prît son bras. Le galant et élégant gentilhomme du comté d’Artois reparaissait.

— Vous m’avez ôté vingt ans de dessus la tête, disait-il, il est bien juste que je vous fasse hommage de la jeunesse que vous me rendez.

Lorsque Claire fut installée :

— Rue St-Lazare, dit-il au valet de pied, et vite !

Quand le comte disait en montant en voiture : « Et vite ! », les passants n’avaient qu’à bien se garer. Le cocher était un habile homme, on arriva sans accident.

Aidés des indications du portier, le comte et la jeune fille se dirigèrent vers l’appartement de madame Gerdy.

Le comte monta lentement, se tenant fortement à la rampe, s’arrêtant à tous les paliers pour respirer. Il allait donc la revoir ! L’émotion lui serrait le cœur comme dans un étau.

— M. Noël Gerdy ? demanda-t-il à la domestique.

L’avocat venait de sortir à l’instant. On ne savait