Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/481

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indiscret. Je ne pensais pas l’être en demandant à attendre Noël, que j’ai le plus pressant besoin de voir. Je suis le comte de Commarin.

À ce nom, le vieux soldat lâcha le fauteuil dont il tenait encore le dossier et se redressa de toute la hauteur de sa taille. Un éclair de colère brilla dans ses yeux, et il eut un geste menaçant. Ses lèvres se remuèrent pour parler, mais il se contint et se retira, la tête baissée, près de la fenêtre.

Ni le comte ni les deux autres hommes ne remarquèrent ces divers mouvements. Ils n’échappèrent pas à Claire.

Pendant que mademoiselle d’Arlange s’asseyait, passablement interdite, le comte, assez embarrassé lui-même de sa contenance, s’approcha du prêtre et à voix basse demanda :

— Quel est, je vous prie, monsieur l’abbé, l’état de madame Gerdy ?

Le docteur, qui avait l’oreille fine, entendit la question et s’avança vivement.

Il était bien aise de parler à un personnage presque célèbre comme le comte de Commarin et d’entrer en relations avec lui.

— Il est à croire, monsieur le comte, répondit-il, qu’elle ne passera pas la journée.

Le comte appuya sa main sur son front comme s’il y eût ressenti une douleur. Il hésitait à interroger encore.