Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/482

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Après un moment de silence glacial, il se décida pourtant :

— A-t-elle repris connaissance ? murmura-t-il.

— Non, monsieur. Depuis hier soir cependant nous avons de grands changements. Elle a été fort agitée, toute la nuit, elle a eu des moments de délire furieux. Il y a une heure, on a pu supposer que la raison lui revenait, et on a envoyé chercher monsieur le curé.

— Oh ! bien inutilement, répondit le prêtre, et c’est un grand malheur. La tête n’y est plus du tout. Pauvre femme ! Il y a dix ans que je la connais, je venais la voir presque toutes les semaines, il est impossible d’en imaginer une plus excellente.

— Elle doit souffrir horriblement, dit le docteur.

Presque aussitôt, et comme pour donner raison au médecin, on entendit des cris étouffés partant de la chambre voisine, dont la porte était restée ouverte.

— Entendez-vous ! dit le comte en tressaillant de la tête aux pieds.

Claire ne comprenait rien à cette scène étrange. De sinistres pressentiments l’oppressaient, elle se sentait comme enveloppée par une atmosphère de malheur. La frayeur la prenait. Elle se leva et s’approcha du comte.

— Elle est sans doute là ? demanda M. de Commarin.