Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/507

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Impossible également de méconnaître l’honnête homme. Sa physionomie respirait la franchise et la bonté.

— Votre nom ? demanda le juge d’instruction.

— Marie-Pierre Lerouge.

— Êtes-vous donc parent de Claudine Lerouge ?

— Je suis son mari, monsieur.

Quoi ? le mari de la victime vivait, et la police ignorait son existence !

Voilà ce que pensa M. Daburon.

À quoi donc servent les surprenants progrès de l’industrie humaine ?

Aujourd’hui, lorsque la justice hésite, il lui faut, tout comme il y a vingt ans, une énorme perte de temps et d’argent pour obtenir le moindre renseignement. Il faut la croix et la bannière, en beaucoup de cas, pour se procurer l’état civil d’un témoin ou d’un prévenu.

Le vendredi, dans la journée, on avait écrit pour demander le dossier de Claudine, on était au lundi, et la réponse n’était pas arrivée.

Cependant la photographie existe, on a le télégraphe électrique, on dispose de mille moyens jadis inconnus et on ne les utilise pas.

— Tout le monde, reprit le juge, la croyait veuve ; elle-même prétendait l’être.

— C’est que, de cette manière, elle excusait un peu sa conduite. C’était d’ailleurs comme convenu