Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/557

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


demandait quel châtiment ne serait pas trop au-dessous du crime.

— Car non-seulement il a assassiné Claudine, pensait-il, mais il a tout disposé pour faire accuser et condamner un innocent. Et qui dit qu’il n’a pas tué sa pauvre mère !…

Il regrettait alors l’abolition de la torture, les raffinements des bourreaux du moyen âge, l’écartellement, le bûcher, la roue.

La guillotine va si vite que c’est à peine si le condamné a le temps de sentir le froid de l’acier tranchant les muscles, ce n’est plus qu’une chiquenaude sur le cou.

À force de vouloir adoucir la peine de mort on en a fait une plaisanterie, elle n’a plus de raison d’être.

Seule la certitude de confondre Noël, de le livrer à la justice, de se venger soutenait le père Tabaret.

— Il est clair, murmura-t-il, que c’est au chemin de fer, dans sa hâte de rejoindre sa maîtresse au théâtre, que ce misérable a oublié ses effets. Les retrouvera-t-on ? S’il a eu la prudence d’être assez imprudent pour aller les retirer sous un faux nom, je n’aperçois plus de preuves. Le témoignage de cette madame Chaffour n’en est pas un pour moi. La drôlesse, voyant son amant menacé, reviendra sur ce qu’elle a dit ; elle affirmera que Noël l’a quittée bien