Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/559

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Bientôt il sut que le soir du mardi gras on avait trouvé dans un compartiment de secondes du train 45 un paletot et un parapluie.

On lui représenta ces objets et il les reconnut pour appartenir à Noël.

Dans une des poches du paletot se trouvait une paire de gants gris perle éraillés et déchirés, et un billet de retour de Chatou qui n’avait pas été utilisé.

En s’élançant à la poursuite de la vérité, le père Tabaret ne savait que trop quelle elle était.

Sa conviction, involontairement formée lorsque Clergeot lui avait révélé les folies de Noël, s’était depuis fortifiée de mille circonstances ; chez Juliette il avait été sûr, et pourtant, à ce dernier moment, lorsque le doute devenait absolument impossible ; en voyant éclater l’évidence, il fut atterré.

— Allons, s’écria-t-il enfin, il s’agit maintenant de le prendre !

Et sans perdre une minute, il se fit conduire au Palais-de-Justice où il espérait rencontrer le juge d’instruction.

Malgré l’heure, en effet, M. Daburon n’avait pas encore quitté son cabinet.

Il causait avec le comte de Commarin, qu’il venait de mettre au fait des révélations de Pierre Lerouge, que le comte croyait mort depuis plusieurs années.