Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/560

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Le père Tabaret entra comme un tourbillon, trop éperdu pour faire attention à la présence d’un étranger.

— Monsieur, s’écria-t-il, bégayant de rage, monsieur, nous tenons l’assassin véritable ! C’est lui, c’est mon fils d’adoption, mon héritier, c’est Noël !

— Noël !… répéta M. Daburon en se levant. Et plus bas il ajouta : Je l’avais deviné.

— Ah ! il faut un mandat bien vite, continua le bonhomme ; si nous perdons une minute, il nous file entre les doigts ! Il se sait découvert, si sa maîtresse l’a prévenu de ma visite. Hâtons-nous, monsieur le juge, hâtons-nous !

M. Daburon ouvrit la bouche pour demander une explication, mais le vieux policier poursuivit :

— Ce n’est pas tout encore : un innocent, Albert, est en prison…

Il n’y sera plus dans une heure, répondit le magistrat ; un moment avant votre arrivée, j’ai pris toutes mes dispositions pour sa mise en liberté ; occupons-nous de l’autre.

Ni le père Tabaret, ni M. Daburon ne remarquèrent la disparition du comte de Commarin.

Au nom de Noël, il avait gagné doucement la porte et s’était élancé dans la galerie.