Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/82

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besoin de quelques titres anciens, j’ouvris pour les chercher le secrétaire de madame Gerdy. Involontairement je dérangeai une tablette : des papiers tombèrent de droite et de gauche et un paquet de lettres me sauta en plein visage. Un instinct machinal que je ne saurais expliquer me poussa à dénouer cette correspondance, et, poussé par une invincible curiosité, je lus la première lettre qui me tomba sous la main.

— Vous avez eu tort, opina le père Tabaret.

— Soit ; enfin, je lus. Au bout de dix lignes, j’étais sûr que cette correspondance était de mon père, dont madame Gerdy, malgré mes prières, m’avait toujours caché le nom. Vous devez comprendre quelle fut mon émotion. Je m’emparai du paquet, je vins me renfermer ici, et je dévorai d’un bout à l’autre cette correspondance.

— Et vous en êtes cruellement puni, mon pauvre enfant !

— C’est vrai, mais à ma place qui donc eût résisté ? Cette lecture m’a navré, et c’est elle qui m’a donné la preuve de ce que je viens de vous dire.

— Au moins avez-vous conservé ces lettres ?

— Je les ai là, monsieur Tabaret, répondit Noël, et comme pour me donner un avis en connaissance de cause vous devez savoir, je vais vous les lire.