Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/81

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tience vaniteuse de savoir s’il avait deviné lui faisait presque oublier de s’apitoyer sur les infortunes de Noël.

— Cher enfant, dit-il, ne nous égarons pas. Vous me demandez un conseil ? Je suis peut-être le seul à pouvoir vous le donner bon. Allons donc au but. Comment avez-vous appris cela ? Avez-vous des preuves, où sont-elles ?

Le ton décidé du bonhomme aurait dû éveiller l’attention de Noël. Mais il n’y prit pas garde. Il n’avait pas le loisir de s’arrêter à réfléchir. Il répondit donc :

— Je sais cela depuis trois semaines. Je dois cette découverte au hasard. J’ai des preuves morales importantes, mais ce ne sont que des preuves morales. Un mot de la veuve Lerouge, un seul mot les rendait décisives. Ce mot, elle ne peut plus le prononcer puisqu’on l’a tuée, mais elle me l’avait dit à moi. Maintenant, madame Gerdy niera tout, je la connais ; la tête sur le billot elle nierait. Mon père sans doute se tournera contre moi… Je suis sûr, j’ai des preuves, ce crime rend vaine ma certitude et frappe mes preuves de nullité.

— Expliquez-moi bien tout, reprit après un moment de réflexion le père Tabaret, tout, vous m’entendez bien. Les vieux sont quelquefois de bon conseil. Nous aviserons après.

— Il y a trois semaines, commença Noël, ayant