Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/9

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C’était à croire qu’une main furieuse avait pris plaisir à tout bouleverser.

Enfin, près de la cheminée, la face dans les cendres, était étendu le cadavre de la veuve Lerouge. Tout un côté de la figure et les cheveux étaient brûlés, et c’était miracle que le feu ne se fût pas communiqué aux vêtements.

— Canailles, va ! murmura le brigadier de gendarmerie, n’auraient-ils pas pu la voler sans l’assassiner, cette pauvre femme ?

— Mais où donc a-t-elle été frappée ? demanda le commissaire, je ne vois pas de sang.

— Tenez, là, entre les deux épaules, mon commissaire, reprit le gendarme. Deux fiers coups, ma foi ! Je parierais mes galons qu’elle n’a pas seulement eu le temps de faire : Ouf !

Il se pencha sur le corps et le toucha.

— Oh ! continua-t-il, elle est bien froide. Même il me semble qu’elle n’est déjà plus très-roide, il y a au moins trente-six heures que le coup est fait.

Le commissaire, tant bien que mal, écrivait sur un coin de table un procès-verbal sommaire.

— Il ne s’agit pas de pérorer, dit-il au brigadier, mais bien de trouver les coupables. Qu’on prévienne le juge de paix et le maire. De plus, il faut courir à Paris porter cette lettre au parquet. Dans deux heures un juge d’instruction peut être ici. Je vais en attendant procéder à une enquête provisoire.