Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/8

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L’ouvrier déboucla sa trousse et prépara ses outils. Déjà il avait introduit un de ses crochets dans la serrure, quand une grande rumeur éclata dans le groupe des badauds.

— La clé, criait-on, voici la clé !

En effet, un enfant d’une douzaine d’années, jouant avec un de ses camarades, avait aperçu dans le fossé qui borde la route, une clé énorme ; il l’avait ramassée et l’apportait en triomphe.

— Donne, gamin, lui dit le brigadier, nous allons voir.

La clé fut essayée, c’était bien celle de la maison.

Le commissaire et le serrurier échangèrent un regard plein de sinistres inquiétudes. — « Ça va mal ! » murmura le brigadier, et ils entrèrent dans la maison, tandis que la foule, contenue avec peine par les gendarmes, trépignait d’impatience, tendant le cou et s’allongeant sur le mur, pour tâcher de voir, de saisir quelque chose de ce qui allait se passer.

Ceux qui avaient parlé de crime ne s’étaient malheureusement pas trompés, le commissaire de police en fut convaincu dès le seuil. Tout, dans la première pièce, dénonçait avec une lugubre éloquence la présence des malfaiteurs. Les meubles, une commode et deux grands bahuts, étaient forcés et défoncés. Dans la seconde pièce, qui servait de chambre à coucher, le désordre était plus grand encore.