Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/92

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rien à regretter, et tout ce que la fortune peut procurer ici-bas, il l’aura.

« Ne me dis pas que ce que je veux tenter est coupable. Non, ma bien-aimée, non. Pour que notre plan réussisse, il faut un tel concours de circonstances si difficiles à accorder, tant de coïncidences indépendantes de notre volonté, que, sans la protection évidente de la Providence, nous devons échouer. Si donc le succès couronne nos vœux, c’est que le ciel sera pour nous. J’espère. »

— Voilà ce que j’attendais, murmura le père Tabaret.

— Et le malheureux, s’écria Noël, ose invoquer la Providence ! Il lui faut Dieu pour complice !

— Mais, demanda le bonhomme, comment votre mère… pardon, je veux dire : comment madame Gerdy prit-elle cette proposition ?

— Elle paraît l’avoir repoussée d’abord, car voici une vingtaine de pages employées par le comte à la persuader, à la décider. Oh ! cette femme !…

— Voyons, mon enfant, dit doucement le père Tabaret, essayons de n’être pas trop injuste. Vous semblez ne vous en prendre, n’en vouloir qu’à madame Gerdy. De bonne foi ! le comte bien plus qu’elle me paraît mériter votre colère.

— Oui, interrompit Noël, avec une certaine violence ; oui, le comte est coupable, très-coupable ! Il est l’auteur de la machination infâme, et pourtant je