Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/93

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ne me sens pas de haine contre lui. Il a commis un crime, mais il a une excuse, la passion. Mon père, d’ailleurs, ne m’a pas trompé, comme cette misérable femme, à toutes les minutes, pendant trente ans. Enfin, M. de Commarin a été si cruellement puni, qu’à cette heure je ne puis que lui pardonner et le plaindre.

— Ah ! il a été puni ? interrogea le bonhomme.

— Oui, affreusement, vous le reconnaîtrez : mais laissez-moi poursuivre. Vers la fin du mois de mai, vers les premiers jours de juin plutôt, le comte dut arriver à Paris, car la correspondance cesse. Il revit madame Gerdy et les dernières dispositions du complot furent arrêtées. Voici un billet qui enlève à cet égard toute incertitude. Le comte, ce jour-là, était de service aux Tuileries et ne pouvait quitter son poste. Il a écrit dans le cabinet même du roi, sur du papier du roi. Voyez les armes. Le marché est conclu et la femme qui consent à être l’instrument des projets de mon père est à Paris. Il prévient sa maîtresse :

« Chère Valérie,

« Germain m’annonce l’arrivée de la nourrice de ton fils, de notre fils. Elle se présentera chez toi dans la journée. On peut compter sur elle, une magnifique récompense nous répond de sa discrétion. Cependant, ne lui parle de rien. On lui a donné à entendre que tu ignores tout. Je veux res-