Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/98

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les ouvrir. Elle voulut le voir, elle ne put parvenir jusqu’à lui. Puis elle se lassa de ses tentatives inutiles. Elle comprit que tout était bien fini le jour où l’intendant du comte lui apporta pour moi un titre de rente de 15,000 francs. Le fils avait pris ma place, la mère me ruinait…

Trois ou quatre coups légers frappés à la porte du cabinet interrompirent Noël.

— Qui est là ? demanda-t-il sans se déranger.

— Monsieur, dit à travers la porte la voix de la domestique, madame voudrait vous parler.

L’avocat parut hésiter.

— Allez, mon enfant, conseilla le père Tabaret, ne soyez pas impitoyable, il n’y a que les dévots qui aient ce droit-là.

Noël se leva avec une visible répugnance et passa chez madame Gerdy.

— Pauvre garçon, pensait le père Tabaret resté seul, quelle découverte fatale, et comme il doit souffrir ! Un si noble jeune homme, un si brave cœur ! Dans son honnêteté candide, il ne soupçonne même pas d’où part le coup. Par bonheur, j’ai de la clairvoyance pour deux, et c’est au moment où il désespère que je suis sûr, moi, de lui faire rendre justice. Grâce à lui, me voici sur la voie. Un enfant devinerait la main qui a frappé. Seulement, comment cela est-il arrivé ? Il va me l’apprendre sans s’en douter. Ah ! si j’avais une de ces lettres pour vingt-quatre