Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/129

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écriture publique, et la complaisance de votre supérieur. Si vous nous aviez prévenus hier soir, j’aurais signé pour vous ce matin.

— Oh ! dit Caldas, c’est grave !

— Cela se fait dans beaucoup de bureaux, mon cher ! Et je sais un chef bien embarrassé aujourd’hui. Il a fait ce métier quinze ans lorsqu’il était commis, que peut-il dire maintenant ?

— Je comprends, fit Romain ; de là vient ce que vous appelez la complaisance supérieure.

— Pas le moins du monde, reprit M. Rafflard ; mais il y a des chefs qui ne craignent pas de pousser la longanimité jusqu’à déclarer l’absent autorisé ou malade. C’est d’un bien mauvais exemple, car enfin…

— As-tu fini ? s’écria Basquin, on voit bien que ta gastrite t’empêche de dormir et que tu arrives toujours à l’heure.

— M. Ganivet, dit Nourrisson, met toujours une excuse.

— Moi, dit Basquin, je ne m’y fie pas, et quand j’arrive en retard, je vais droit au café ; là j’écris que je suis malade. Caldas en aurait dû faire autant.

— Pourquoi cela ? demanda Romain.