Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/141

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Dans cette pièce sont rivés côte à côte deux hommes aussi différents de caractère, d’humeur et d’esprit que de tempérament ; chien et chat, si vous voulez.

Naturellement ils en sont venus à se haïr de cette haine féroce des forçats compagnons de chaîne dont le caractère ne sympathise pas.

L’un tuera l’autre, soyez-en sûrs, si on ne les sépare, — et on ne les séparera point.

Le premier de ces employés est lymphatique ; le second est sanguin.

L’un est habituellement froid, maussade, compassé ; l’autre est gai, vif, remuant ; tous deux ont l’humeur inégale, mais en sens contraire. Quand l’un est bien disposé, l’autre est dans ses mauvais quarts d’heure, et réciproquement.

La température de la pièce est le motif habituel des querelles.

L’employé lymphatique arrive d’ordinaire le premier, tout emmitouflé, avec un triple étage de pardessus, un châle long pour cache-nez, un plaid sur la poitrine, des bottes fourrées et des gants de peau de lapin.

Il a froid.