Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/144

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Gillet prend sa revanche à chaque fois que sort Lambrequin qui ne peut pas tenir en place.

Il ferme tout hermétiquement, et comme le bois est à discrétion, il a vite rétabli une température de serre-chaude.

L’instant d’après, au retour de Lambrequin, la serre-chaude redevient une glacière.

Qu’on s’étonne après cela du coryza chronique de l’employé Gillet !

À ces brusques variations de température un thermomètre ne résiste pas.

L’instrument de Gillet, qui oscille perpétuellement entre le climat de la Sibérie et celui du Sénégal, a besoin d’être renouvelé toutes les six semaines.

— Mais pourquoi ne change-t-on pas de pièce l’un de ces deux malheureux ? demanda Romain.

— On s’en garderait bien ! lui fut-il répondu ; la devise de l’administration est celle de Louis XI : Diviser pour régner.

Grâce à cette politique habile, on brûle dans ce bureau, bon an mal an, quinze voies de bois.

Il y fait un froid de loup.