Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/148

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


favorables du commis principal à l’égard de la postérité féminine d’Abraham date de certain jour où il acheta de l’une d’elles une douzaine de mouchoirs de fil qui étaient en coton.

Mais il y a des marchands plus sérieux et bien autrement dangereux pour les employés ; ce sont les marchands à tempérament.

Pour le créancier, l’employé fut toujours le client de prédilection ; avec lui les chances de pertes sont presque nulles.

Apporte-t-il quelque mauvaise volonté ou quelque négligence à acquitter ses dettes, l’opposition aux appointements est là qui le remet vite dans le droit chemin.

Aussi du matin au soir des courtiers de toutes sortes viennent-ils réciter leurs boniments dans les bureaux de l’Équilibre.

C’est d’abord le courtier en horlogerie qui tient sous son bras un cahier de modèles pour ceux qui désirent des pendules. Il vend à raison de cent sous par mois, au prix de cent écus, de belles et bonnes montres en or de soixante francs.

Il y a le courtier en librairie, le plus mal vêtu de tous, qui place les ouvrages en souscription ; il vend les livres