Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/197

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derez ; et, puisque vous devez rester là, j’espère que nous serons bons amis.

— J’en suis sûr, dit Caldas, à qui la physionomie de cet original revenait.

C’était un rude travailleur, en effet, que ce Brugnolles ; une avalanche de besogne arriva, il sauta dessus comme un affamé sur un pain de quatre livres.

Romain ne reconnaissait plus le procédé de ses collègues du Sommier, bureaucrates de la vieille roche, qui travaillent lentement pour travailler longtemps, gens prudents qui économisent la besogne afin d’en avoir toujours sur la planche.

Non, Brugnolles travaillait comme un ouvrier à ses pièces, sans repos ni trêve ; il ne déjeunait pas, il avalait un petit pain et sifflait, tout en écrivant, une bouteille de vin. Caldas, lorsqu’il arrivait le matin, le trouvait toujours aux prises avec un dossier, et le soir il faisait allumer une lampe pour piocher jusqu’à six heures.

Deux ou trois fois le chef de bureau était venu, et en présence de tout le travail abattu il s’était fâché :

— Vous êtes incorrigible, mon cher Brugnolles, avait-il dit, vous allez encore vous rendre malade.