Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/198

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Caldas avait beau regarder Brugnolles ; rien sur sa figure n’annonçait l’altération de sa santé.

Cependant ils étaient au mieux ensemble, et pendant une semaine, où Romain fit tous ses efforts pour se tenir à la hauteur de son collègue, il reçut de lui les meilleurs conseils.

— Vous avez tort, cher confrère, lui disait celui-ci, de suivre les traces de tous ces jeunes étourneaux et de ces vieux enfants avec lesquels je vous voyais hier soir aller prendre l’absinthe au café de l’Équilibre.

— Mais je ne suis pas leurs traces, dit Caldas.

— Vous y arriverez, si vous les fréquentez. Déjà vous allez au café de l’Équilibre, ce qui est une faute. On va ailleurs, au boulevard, n’importe où. Vous arriverez en retard, vous écrirez que vous êtes malade, pour éviter l’amende. Vous emploierez toute votre finesse à vous décharger de travail. Bientôt vous vous absenterez pendant la séance. Qui sait ? vous avez déjà peut-être fait le tour du chapeau.

— Je l’avoue, dit Romain.

— Quel enfantillage ! continua M. Brugnolles ; vous voulez jouer au plus fin avec l’administration, vous pensez « l’enfoncer, » et vous vous croyez bien habile. Que gagnez-vous à cela ? Quelques heures d’oisiveté ;