Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/210

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Cet homme important avait quitté la direction de sa Revue pour des fonctions indéfinies qui lui donnaient une grande influence. Il était depuis dix-huit mois en train d’ouvrir une enquête sur une question économique à l’ordre du jour.

Après deux visites infructueuses, Romain put enfin forcer la porte de son protecteur.

Celui-ci ne reconnut point son protégé. Caldas fut obligé de se nommer, et comme son nom n’éveillait aucun souvenir, il eut l’imprudence de rappeler à ce personnage le temps où il élaborait les ordonnances suivant la formule.

Aussitôt il fut mis à la porte. Romain regagna son ministère, méditant sur le danger qu’il y a de parler aux hommes arrivés de leurs débuts.

Enfin, le grand jour se leva. Dès l’aurore, une armée d’ouvriers prit possession du ministère. On perça des galeries, on en ferma d’autres ; on créa sept escaliers ; on fit une salle de conseil d’une enfilade de bureaux, et une enfilade de bureaux de la salle du conseil. Les employés du second étage furent transportés du quatrième au rez-de-chaussée, et ceux du rez-de-chaussée dans les combles. Pas une cloison ne resta debout ; là où il y avait des cheminées on mit des poêles, et là où il y avait des poêles on mit des cheminées.