Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/285

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Dans la journée, ayant eu soif, il voulut boire un verre d’eau et avala d’un trait une rasade d’eau bouillante.

Il fut sur le point de se mettre en colère ; pourtant il ne dit rien encore.

Au moment de partir, il ne trouva plus son paletot ; tous les camarades avaient filé sournoisement. Après avoir cherché une heure, il fut réduit à regagner son domicile avec son habit de travail, une loque immonde.

C’en était trop, et comme il n’aime pas les disputes, il arriva de bonne heure le jour suivant, et au premier qui entra il donna une paire de calottes.

Le calotté était le seul qui n’eût pas trempé dans la plaisanterie. Aussi fit-il des excuses à Caldas, qui daigna s’en contenter, mais passa dès lors pour un mauvais coucheur.

— Vous n’avez vraiment pas le mot pour rire, lui dit un de ses collègues ; on ne croirait jamais que vous êtes rédacteur du Bilboquet.

Cependant cette histoire de soufflet fit beaucoup pour la gloire de Romain et, ce qui vaut mieux, elle assura sa tranquillité. Les farces ne s’adressèrent plus à lui.

Une des grandes occupations du bureau des Liqui-