Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/306

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le connais peut-être, un nommé Lorgelin. On dit qu’il n’arrivera jamais, personne ne dirait pourquoi.

— Je puis te le dire, moi ! Lorgelin est victime d’une lettre anonyme. C’est le poignard dont s’arment les misérables dans l’administration de l’Équilibre. Il n’y a point de position sûre jusqu’à ce qu’on ait atteint les hautes régions. Vous êtes toujours à la merci d’un lâche ou d’un goujat.

— Comment peut-on accorder créance à de pareilles dénonciations ! fit Caldas. On fait une enquête, au moins.

— Eh ! mon cher, on jette la lettre au feu, mais l’impression reste.

— Ceci, dit Romain, est la dernière goutte d’eau. Ma détermination est prise. On joue demain une pièce de moi aux Français. Si je ne suis pas outrageusement sifflé, je donne ma démission.

— Comment ! la pièce qu’on donne demain, les Oisifs, est de toi ! Tu as réussi à te faire jouer à la Comédie-Française ?

— J’en suis surpris moi-même, mais c’est ainsi.

— Alors, mon cher garçon, ne te plains jamais de l’Administration, tu vois bien qu’elle mène à tout.