Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/305

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— Tu m’épouvantes, dit Romain ; alors je retire ma demande de protection.

— Tu fais aussi bien, répondit l’ami. Où ma protection te conduirait-elle, grand Dieu ! à être sous-chef dans sept ou huit ans ; et moi-même aurai-je encore une influence dans six mois ? Que diable es-tu venu faire ici ?

— Faire ma carrière, comme tout le monde ; ne puis-je pas prétendre aux plus hauts emplois ?

— Encore une erreur, reprit l’attaché du cabinet. L’Administration mène à tout, sauf à ses hauts emplois. Celui qui veut y arriver doit commencer par faire toute autre chose.

— Cependant il y a parmi nous des gens très-capables et qui ont tout ce qu’il faut pour parvenir.

— Je ne te dis pas le contraire ; mais ils ne parviennent pas, et ils ne dépassent pas une fois sur mille le grade de chef de bureau.

— À qui la faute ?

— Eh ! le sais-je ?

— On les décourage, reprit Romain. Ainsi, moi, je connais un simple commis qui ne serait pas déplacé à la tête d’une division, et tout le monde l’avoue. Tu