Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/58

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de distribuer le travail quotidien aux expéditionnaires. Si donc un commis principal a dans un bureau quelque influence, il ne la doit qu’à sa valeur personnelle. M. Rafflard n’avait ni l’une ni l’autre.

Trois grognements accueillirent son observation, et l’homme aux pincettes, se glissant derrière le commis principal, lui enleva lestement sa calotte.

— Que c’est bête, monsieur Basquin ! s’écria-t-il, vous allez me faire prendre un rhume.

— On ne lui rendra sa calotte que s’il éternue, dit l’homme à l’échelle.

— Bravo, Nourrisson ! firent les autres ; éternuez mon oncle !

« Mon oncle » est une autre plaisanterie traditionnelle dont la légende se perd dans la nuit des temps.

Le commis principal ne répondit rien. Il gagna d’un air revêche le bureau séparé qu’il occupait auprès de la fenêtre.

— Quand il vous plaira de rendre ma calotte, continua-t-il, vous me le direz.

— Qu’est-ce que tu payes si on te la rend ? demanda l’homme au pupitre.