Page:Gaboriau - Monsieur Lecoq, Dentu, 1869, tome 1.djvu/88

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qui chaque mois sautent des laboratoires de la pharmacie à la quatrième page des journaux. Il avait dû écrire plus d’un article de « médecine à l’usage des gens du monde, » dans les feuilles de sport.

— Je vous demanderai, messieurs, leur dit le commissaire de police, de vouloir bien commencer votre expertise par l’examen de celle des victimes qui porte le costume militaire. Voici un sergent-major, requis pour une simple question d’identité, que je voudrais renvoyer le plus tôt possible à sa caserne.

Les deux médecins répondirent par un geste d’assentiment, et aidés par le père Absinthe et un autre agent, ils soulevèrent le cadavre et l’étendirent sur deux tables, préalablement mises bout à bout.

Il n’y avait pas eu à étudier l’attitude du corps, pour en tirer quelque éclaircissement, puisque le malheureux qui râlait encore à l’arrivée de la ronde avait été déplacé avant d’expirer.

— Approchez-vous, sergent, commanda le commissaire de police, et regardez bien cet homme.

C’est avec une très-visible répugnance que le vieux troupier obéit.

— Quel est l’uniforme qu’il porte ? continua le commissaire.

— Celui du 53e de ligne, 2e bataillon, compagnie des voltigeurs.

— Le reconnaissez-vous ?

— Aucunement.

— Vous êtes sûr qu’il n’appartient pas à votre régiment ?

— Ça, je ne puis l’affirmer ; il y a au dépôt des cons-