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le fort et le château saint-louis

s’écrier, en se parlant à lui-même : « Lennox, be a man. » Mais sa volonté était vaincue : impossible d’avancer. Il fallut l’entraîner malgré lui et le lier dans le canot, où les convulsions de la rage, en entendant le clapotement de l’eau autour de lui, le mirent dans un état indescriptible.

« Il mourut peu de temps après, avant même d’arriver à Québec. Cette fin tragique fit une grande sensation dans tout le pays. »

Le duc de Richmond remplissait les fonctions de gouverneur depuis l’année précédente. Son corps fut inhumé dans l’église anglicane de Québec, où on lui érigea un monument.

La mort ne devait plus pénétrer dans cette forteresse Saint-Louis qui avait vu s’éteindre Champlain, Mésy, Frontenac, Callières, Vaudreuil, La Jonquière, et avait abrité la dépouille mortelle du duc de Richmond. Le Château lui-même eut bientôt à subir la loi commune de la destruction des œuvres humaines : l’incendie, qui avait déjà détruit tant d’édifices et d’espérances dans la ville de Québec, devait encore faire disparaître ce monument par excellence des luttes et des gloires du passé. Sous le titre : « Incendie du Château Saint-Louis, » la Gazette de Québec du 25 janvier 1834 publia les lignes suivantes qui créèrent une profonde impression dans tout le Canada :

« Cet édifice, qui servait de domicile depuis 150 ans, au moins, aux gouverneurs en chef de tout le territoire présentement connu comme l’Amérique Britannique du Nord, et l’un des objets les plus saillants de Québec vu du côté du port, et qui dominait le précipice qui se trouve entre la citadelle et la basse-ville, est devenue la proie des flammes. Avant-hier, vers midi, le feu éclata dans une chambre, au troisième étage, vers la partie sud de la bâtisse, occupée par M. le capitaine McKinnon, aide-de-