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le fort et le château saint-louis

Quelques semaines seulement avant de mourir, le 10 octobre 1698, Frontenac écrivit au ministre :

« Le sieur LeVasseur de Néré, ingénieur, me mande qu’il vous a présenté un plan des ouvrages qu’il juge très nécessaire de faire à Québec, et dont il y en a qui sont d’une indispensable nécessité, comme celui de la construction d’un magasin aux poudres dans un autre endroit que celui où il est, et de l’achèvement d’un puits dans la grande place de la haute-ville, à cause des inconvénients qui peuvent arriver par le feu, et la difficulté d’y trouver de l’eau pour l’éteindre. Mais nous attendrons sur cela le dit Sieur LeVasseur et les ordres que vous jugerez à propos de lui donner sur tous les ouvrages qu’il vous aura proposés. »

Une poudrière fut construite sur le sommet du cap Diamant, mais pas avant l’année 1727. Elle remplaça le « magasin des poudres » construit par M. de Denonville en 1685, et démoli en 1892 en même temps que le château Haldimand, moins vieux d’un siècle, qui lui était contigu.

Terminons ce chapitre en transcrivant le récit naïf et charmant d’une visite faite au château Saint-Louis par des religieuses ordinairement cloîtrées, des Ursulines, après l’incendie qui détruisit une deuxième fois leur monastère, au mois d’octobre 1686. Nous laissons la parole à l’annaliste ursuline de l’époque :

« Pendant notre séjour chez les charitables Mères Hospitalières, nous assistions à toutes leurs observances, disant l’office avec elles, les accompagnant à l’oraison, à la messe, au réfectoire et à la récréation ; nous allions aussi servir les pauvres ; le reste du jour nous nous tenions en notre département. Notre Mère sortait tous les jours pour aller, avec une compagne, visiter nos chères sœurs dans la petite maison de madame de la Peltrie, et pour hâter le rétablissement du Monastère. »