Page:Gandhi - La Jeune Inde.djvu/46

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véritable dans l’adversité ; et que nous soyons Hindous, Parsis, Chrétiens ou Juifs, si nous voulons former une seule nation, les intérêts de l’un doivent être les intérêts de tous. La seule chose à considérer, c’est l’équité d’une cause. Le Premier Ministre anglais et toute sa phalange d’anciens hauts fonctionnaires peuvent témoigner de la justice de la cause musulmane. Nous parlons de l’Union Hindoue-Musulmane. Cette expression n’aurait aucun sens si les Hindous se tenaient à l’écart des Mahométans, lorsque l’intérêt vital de ces derniers est en jeu. Certains ont suggéré que nous autres Hindous ne pouvions aider nos compatriotes mahométans qu’à de certaines conditions. Une aide conditionnelle est comme du ciment adultéré qui ne tient pas. La seule question qui se pose est de savoir comment il nous est possible d’aider. La conférence pour le Califat a décidé de ne pas prendre part aux cérémonies qui auront lieu prochainement pour célébrer la paix. Je trouve cette décision fort juste : célébrer la paix ne peut avoir aucun sens pour l’Inde, tant qu’une partie vitale de cette paix, affectant le quart de la population indienne, reste en suspens. Quatre-vingt millions de Mahométans s’intéressent aux clauses de la paix qui concerne le Califat. Il est malséant de leur demander

    arme aussi douteuse que celle du boycottage. Ils savent à présent, et le monde entier sait, que leur cause n’est pas seulement celle de quatre-vingt millions de Mahométans, mais également celle de deux cent millions d’Hindous. Le 17 octobre a démontré que le lien qui les unit existe vraiment et qu’il ira en se resserrant de plus en plus. Une Inde forte et unie ne saurait manquer d’être écoutée avec attention et respect par les alliés de la Grande-Bretagne.