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DU CANADA.

Le gouvernement français, qui n’avait pris aucun intérêt direct à cette colonie, n’eut pas même l’idée de venger les actes de piraterie d’Argall. La cour de la régente, livrée aux cabales et aux factions des grands qui finirent par se soulever, et mirent la monarchie sur le bord de l’abîme[1], avait d’ailleurs bien autre chose à faire qu’à prendre en main la cause des pauvres planteurs de l’Acadie. Poutrincourt n’avait pas assez d’influence auprès de Marie de Médicis pour espérer qu’elle se chargeât de la défense de ses intérêts, et il ne fit aucune démarche auprès d’elle. Il se contenta d’adresser des plaintes inutiles contre le P. Biart à l’amirauté de Guyenne.

La marquise de Guercheville envoya la Saussaye à Londres pour y demander réparation des dommages qu’on lui avait faits contre le droit des gens ; elle fut indemnisée d’une partie de ses pertes par l’appui qu’elle reçut sans doute de la part de l’ambassadeur de France. Elle reconnut alors, mais trop tard, la faute qu’elle avait faite de ne pas suivre l’avis de Champlain qui la rejette indirectement sur le P. Cotton,

  1. « L’ambassadeur d’Espagne voyant ce déchaînement presque général écrivait à son roi de profiter de cette circonstance pour démembrer la France, au lieu de lui procurer, par le mariage de sa fille, une tranquillité dont la monarchie espagnole pourrait souffrir ». — Anquetil.