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HISTOIRE

défunt ne pouvait être apaisée que par des réprésailles. Un parent se chargeait de ce devoir sacré. Il traversait s’il le fallait des contrées entières, souffrait la faim et la soif, endurait avec plaisir toutes les fatigues pour satisfaire l’ombre sanglante d’un frère ou d’un ami. La vengeance tirée appelait une autre vengeance, et ainsi de famille en famille et de nation en nation se continuait la lutte mortelle.

Cependant la raison des Sauvages leur avait laissé un moyen d’y mettre fin, et de pacifier les cabanes en hostilité. Les présens apaisaient l’ombre de celui qui était tombé sous les coups d’un meurtrier repentant.

Chez les tribus indiennes, les ramifications des familles étaient étendues et se suivaient fort loin. Des liens étroits resserraient ainsi toute la peuplade. L’on avait le plus grand respect pour ses parens ; et les nœuds du sang étaient sacrés, tellement que le frère payait la dette du frère décédé, et embrassait sa vengeance comme si elle eût été la sienne propre. Les mendians étaient inconnus. La tribu recueillait les orphelins.

Dans les peuplades où le chef l’était par droit d’hérédité, ce droit s’acquérait par la descendance féminine, c’est à dire par la mère. Cette loi de succession était très généralement répandue.