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DU CANADA.

ses provisions avant d’atteindre l’ennemi ; et sans un bois de Châtaigniers qu’elle rencontra sur son chemin et dont les fruits la sustentèrent, elle allait être obligée de se débander pour trouver de quoi vivre.

Les Agniers n’osèrent pas attendre les Français, qui traversèrent tambour battant, drapeaux déployés, tous leurs villages. Au dernier, ils firent un instant mine de vouloir livrer bataille ; mais à la vue de nos préparatifs pour le combat, le cœur leur manqua et ils prirent la fuite. L’on pilla leurs provisions dans les cabanes et dans les caches sous terre, où l’on savait qu’ils en conservaient de grandes quantités, surtout de maïs ; l’on en emporta ce que l’on put, et le reste fut détruit ainsi que toutes les bourgades du canton qui devinrent la proie des flammes.

Ces pertes abattirent l’orgueil de ces barbares accoutumés depuis longtemps à faire trembler leurs ennemis. Ils vinrent demander humblement la paix à Québec ; et c’était tout ce que l’on voulait : nous n’avions intérêt qu’à maintenir la bonne intelligence entre toutes les nations indiennes. Elle fut signée en 1666 et dura jusqu’en 1684, alors que les Anglais, maîtres depuis quelques années de la Nouvelle-Belgique, commencèrent à faire une concurrence active aux Canadiens dans la traite