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HISTOIRE

ensuite dans leur pays, a témoigné à l’historien de la Nouvelle-France, qu’ils étaient doués d’un très bon sens naturel, qu’ils n’exerçaient point envers leurs prisonniers ces cruautés qui déshonoraient la plupart des autres nations du continent, et qu’ils avaient conservé une connaissance assez distincte d’un seul Dieu. Il paraît que leur manière de croire avait quelque ressemblance avec celle des Tartares. Ces deux intrépides voyageurs revinrent à Québec en 1660, escortés de soixante canots algonquins remplis de fourrures. Ils confirmèrent ce que deux autres Français, qui s’étaient rendus jusqu’au lac Michigan quatre ans auparavant, avaient rapporté de la quantité de tribus qui erraient dans toutes ces contrés, et des Kristinots dont les cabanes s’élevaient jusqu’à la vue des mers du Nord.

Le P. Mesnard partit cette année là avec les Algonquins dont nous venons de parler, pour aller prêcher l’Évangile aux Outaouais et aux autres peuplades répandues sur le lac Supérieur[1]. Il s’arrêta d’abord huit mois dans une baie qu’il nomma Ste.-Thérèse, probablement la baie de Kiwina sur la rive sud de ce lac, où il ne trouva pour nourriture que du gland et de l’écorce d’arbres pilée. Delà, invité par les

  1. Relation des Jésuites (1660).