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HISTOIRE

partie de forêts ; et qu’on ait dit aussi que la catastrophe dont nous venons de parler, ne pouvait être attribuée à la faute du marquis de Denonville, l’on ne peut s’empêcher néanmoins de se demander comment il se fait qu’il n’ait pu prévoir une invasion de la part d’un ennemi dont les surprises étaient plus à craindre que la bravoure dans le combat ; et comment surtout a-t-il pu se trouver sans moyens efficaces pour l’arrêter lorsqu’elle a eu lieu. En général l’insuccès en matières militaires et gouvernementales est déjà une forte présomption d’incapacité ; et dans le cas actuel l’on doit être forcé d’avouer, que si quinze cents barbares se sont promenés en vainqueurs au milieu de la colonie pendant deux mois, c’est que l’on n’avait pas pourvu à l’organisation de sa défense.

C’est pendant que le Canada déplorait le massacre de Lachine que le comte de Frontenac arriva pour remplacer M. Denonville. Les Canadiens qui connaissaient la capacité de leur ancien gouverneur, osèrent alors, et alors seulement, se livrer à des espérances ; ils le reçurent avec des démonstrations de joie extraordinaires. Il débarqua à 8 heures du soir, le 15 octobre, à Québec au bruit du canon et de la mousqueterie, et fut reçu au flambeau par le conseil souverain et par tous les habitans qui étaient sous les armes. Les feux de joie furent