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DU CANADA.

était leur idole. D’ailleurs, ce peuple avait le bon sens de ne vouloir, pour officiers, que des hommes pris dans son sein, en qui il eût confiance et qui pussent sympathiser avec lui. Cela était surtout visible à la guerre. Il n’y eut, en outre, jamais de troupes avec lesquelles on réussissait moins par la hauteur et la dureté, que les milices canadiennes ; l’honneur était leur seul mobile ; les moyens violens, la coercition, les révoltaient. À la première nouvelle de la mésintelligence entre les deux chefs, elles déclarèrent qu’elles n’obéiraient qu’à M. d’Iberville, et qu’elles retourneraient plutôt à Québec, que d’accepter un autre commandant. Cette résolution fit courber la fière volonté du gouverneur. Au reste M. d’Iberville était décidé à passer en France pour ne pas faire manquer, par la désunion, une entreprise qu’il avait suggérée, et dont par conséquent il avait le succès à cœur. Les difficultés s'aplanirent ; il fut réglé que l’on attaquerait St.-Jean, et que, pour s’y rendre, tandis que M. de Brouillan prendrait la voie de mer, M. d’Iberville suivrait celle de terre avec ses Canadiens. L’on se réunit dans la baie de Toulle. De là l’expédition se mit en marche pour St.-Jean culbutant et dissipant tous les détachemens ennemis qui voulaient lui disputer le passage. En arrivant près de la ville, l’avant-garde à la tête de laquelle d’Iberville