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DU CANADA.

D’abord M. de Vaudreuil, pour en imposer aux Iroquois qui menaçaient la partie supérieure du pays, manda les Indiens occidentaux, qui descendirent au nombre de quatre à cinq cents avec MM. de St.-Pierre et Tonti et quelques Canadiens. En même temps voulant toujours les ménager, il envoyait le baron de Longueil et MM. Joncaire et la Chauvignerie dans les cantons pour y contrecarrer l’effet des intrigues de Schuyler et les engager à observer la neutralité. Les Iroquois ne purent cacher que la plus grande partie de la confédération penchait pour les Anglais, moins gagnée encore par les présens qu’ils en avaient reçus, que persuadée que le Canada ne pouvait humainement éviter d’être accablé sous les efforts de l’ennemi, en voyant les vastes préparatifs qui se faisaient de toutes parts.

Cependant toute la population jusqu’aux femmes montrait en Canada la résolution d’opposer une vive résistance. L’on apprit de plusieurs sources à la fois le départ de la flotte anglaise de Boston. Le marquis de Vaudreuil donna un grand festin à Montréal à environ huit cents Sauvages alliés, qui levèrent la hache et entonnèrent le chant de guerre au nom d’Ononthio. Le gouverneur descendit ensuite à Québec, où il fut suivi par les Abénaquis qui s’étaient établis à St.-François et à