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DU CANADA.

des Croisades, que d’attribuer à des siècles reculés les combinaisons d’une profonde politique. Si l’on en croyait certains écrivains, c’est à l’enfance des sociétés qu’appartiendrait l’expérience[1]. Les colonies anglaises étaient dans cette voie où la providence met les peuples auxquels elle prépare une grande destinée. Le traité d’Utrecht, en satisfaisant une partie de leurs désirs, augmentait leurs espérances futures. Aussi jetèrent-elles un cri de triomphe lorsqu’elles virent tomber les trois plus anciennes branches de l’arbre colonial français. Cet arbre resta comme un tronc mutilé par la foudre ; mais on verra que ce tronc vigoureux, enfoui dans les neiges du Canada, était encore capable de lutter contre de rudes tempêtes et d’obtenir de belles victoires.

  1. Il rappelle à ce sujet l’opinion de Montesquieu : « Transporter dans les siècles reculés toutes les idées du siècle où l’on vit, c’est des sources de l’erreur celle qui est la plus féconde. À ces gens qui veulent rendre modernes tous les siècles anciens, je dirai ce que les prêtres d’Égypte dirent à Sàlon : Ô Athéniens ! vous n’êtes que des enfans. »