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DU CANADA.

aussi le temps de prendre leurs armes ; ils se défendirent fort longtemps, mais ayant perdu six des leurs, les survivans réussirent à s’échapper ; les Natchés eurent huit de tués dans cette attaque. Ainsi leurs pertes se bornèrent à une douzaine de guerriers tant leurs mesures avaient été bien prises. En moins d’un instant deux cents Français périrent dans cette boucherie, il ne s’en sauva qu’une vingtaine avec quelques nègres la plupart blessés ; 150 enfans, 60 femmes et presqu’autant de noirs furent faits prisonniers.

Pendant le massacre, le Soleil ou chef des Natchés, était assis sous le hangar à tabac de la compagnie des Indes, attendant tranquillement la fin de cette terrible tragédie. On lui apporta d’abord la tête de M. de Chepar, qui fut placée devant lui, puis celles des principaux Français qu’il fit ranger autour de la première ; les autres furent mises en piles. Les corps restèrent sans sépulture et devinrent la proie des chiens et des vautours ; les Sauvages ouvrirent le sein des femmes enceintes et égorgèrent presque toutes celles qui avaient des enfans en bas âge, parcequ’elles les importunaient par leurs cris et leurs pleurs ; les autres jetées en esclavage furent exposées à toute la brutalité de ces barbares couverts du sang de leurs pères, de leurs maris ou de leurs enfans.