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DU CANADA.

vit à la cour pour se justifier, que les habitans commandés par MM. d’Arembourg et de Laye avaient montré beaucoup de bravoure et de bonne volonté, mais que les soldats s’étaient fort mal conduits. Les assiégés étaient réduits à la dernière extrémité ; deux jours de plus et on les aurait eus la corde au cou ; mais on se voyait toujours au moment d’être abandonné par les Chactas, et leur départ aurait exposé les Français à recevoir un échec et à voir brûler leurs femmes, leurs enfans et leurs esclaves comme les en menaçaient les barbares. Les Chicachas qui tenaient toujours les fils de la trame, et qui avaient voulu engager les Arkansas et nos autres alliés à entrer dans la conspiration générale, ne levaient point le voile qui les cachait encore ; ils se contentaient de faire agir secrètement leur influence. Les Chactas, quoique sollicités vivement par les Anglais, qui accompagnèrent leurs démarches de riches présens, de se détacher des colons de la Louisiane, refusèrent d’abandonner la cause de ces derniers, et ils jurèrent une fidélité inviolable à M. Perrier, qui s’était rendu à la Mobile pour s’aboucher avec eux et contrecarrer l’effet de ces intrigues. Les secours qui venaient d’arriver de France avaient contribué beaucoup à raffermir et à rendre plus humbles ces barbares, qui se regardaient déjà avec quel-