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HISTOIRE

confiance que la plupart méritaient, et élevé dans un service où la discipline et la subordination sont au plus haut point, il ne pouvait comprendre qu’on puisse exécuter rien de considérable avec des milices qui ne reconnaissent d’autre règle que l’activité et une grande bravoure. Il aurait sans doute pensé autrement, s’il eût fait réflexion qu’il faut plier les règles suivant la manière de combattre de ses ennemis. Les mêmes préjugés s’étaient élevés dans l’esprit de Montcalm et de la plupart des officiers français dans la guerre de 1755, et cependant ce furent ces mêmes Canadiens qui sauvèrent dans les plaines d’Abraham les troupes réglées d’une complète destruction.

Perrier de retour à la Nouvelle-Orléans, envoya en esclavage à St.-Domingue tous les Natchés qu’il ramenait prisonniers, avec leur grand chef, le Soleil, dont la famille les gouvernait depuis un temps immémorial et qui mourut quelques mois après au cap Français. Cette conduite irrita profondément les restes de cette nation orgueilleuse et cruelle, à qui la haine et le désespoir donnèrent une valeur qu’on ne leur avait point encore connue. Ils se jetèrent sur les Français avec fureur ; mais ce désespoir ne fit qu’honorer leur chute et révéler du moins un noble cœur. Ils ne purent lutter longtemps