Page:Garneau - Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours, tome II, 1846.djvu/533

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
534
HISTOIRE

quière, pressé d’intervenir, voulut y mettre ordre et fit défendre aux demoiselles Desauniers de continuer leur trafic. Celles-ci refusèrent d’obéir ; les Jésuites montrèrent leur concession qui leur donnait le droit de faire la traite ; ils soulevèrent les Sauvages. Le P. Tournois était le plus animé dans cette dispute. Le gouverneur, sur l’ordre du roi, le fit passer en France avec les deux entremetteuses, les demoiselles Desauniers[1].

Mais il ne fut pas longtemps sans éprouver le ressentiment de l’ordre puissant qu’il avait offensé. On écrivit contre lui aux ministres, on l’accusa de s’être emparé du commerce des pays d’en haut, chose qu’il pouvait faire, la cour en ayant donné le droit aux gouverneurs, mais qu’il n’était pas convenable sans doute d’exercer ; on dit aussi qu’il faisait tyranniser les marchands par son secrétaire auquel il avait donné le commerce exclusif de l’eau-de-vie pour les Indiens ; que les meilleurs postes étaient pour ceux qui entraient en société avec lui ou avec ses favoris, etc. Les trafiquans qui n’auraient pas osé prendre l’initiative, firent écho à ces accusations. Tant de plaintes lui

  1. Un pareil ordre avait déjà été obtenu en 1745, mais il était resté sans exécution. Mémoire pour Messire François Bigot, etc. Mémoires sur les affaires du Canada de 1749 à 1760.