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HISTOIRE

de chaque village. À la première alarme, la population, hommes, femmes et enfans, courait s’y réfugier. C’étaient les scènes du moyen âge qui se répétaient en Amérique. Les annales canadiennes ont conservé le souvenir de plusieurs défenses héroïques de ces petits forts, où vinrent toujours se briser le courage barbare et indiscipliné des Indigènes. Deux des plus célèbres sont celles de madame de Verchères en 1690, et de sa fille deux ans après. Surprises l’une et l’autre pendant qu’elles étaient seules ou presque seules, elles n’eurent que le temps de fermer les portes du fort où elles se trouvaient, et déjà il était investi par une foule de Sauvages. Elles surent par leur présence d’esprit et par leur intrépidité en imposer aux assiégeans ; elles tirèrent le canon, prirent les fusils et s’en servirent avec tant d’adresse en se multipliant, en se montrant sur différens points, que les barbares, croyant le fort défendu par plus de monde, avaient fini les deux fois par se retirer après l’avoir tenu bloqué pendant quelque temps. La fréquence du danger avait aguerri la population, les femmes, les enfans même comme les hommes. Dans un combat où un parti de Sauvages s’était retranché dans une maison, et se défendait avec désespoir, l’on vit des habitans s’avancer jusqu’auprès des fenêtres et en