Page:Gaume - L'europe en 1848, 1848.djvu/16

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bles. Afin de n’être pas immédiatement broyé sous ses dents de fer, il a fallu établir dans tous les pays de réforme la taxe des pauvres. Inutile remède ! Pour les nations comme pour les individus engagés dans la voie de l’erreur, chaque pas en avant est une chute. Rendre l’aumône civilement obligatoire, c’est violer une des deux lois fondamentales des sociétés chrétiennes, la charité libre et spontanée ; c’est tuer la fraternité, en éteignant la tendre compassion au cœur du riche et la reconnaissance au cœur du pauvre ; c’est partager le monde en deux catégories hostiles : celle des créanciers et celle des débiteurs ; c’est constituer la guerre sociale en principe : la lutte n’est plus qu’une question de temps ; c’est, pour tout dire en un mot, ramener le monde au paganisme en passant par l’anarchie. Tous les pays protestants en sont la preuve.


XI.

Les pays protestants en général.

Dans toutes les nations protestantes on trouve la taxe des pauvres, et, comme conséquence, la haine profonde de celui qui n’a pas contre celui qui a, l’emprisonnement des pauvres et l’augmentation toujours croissante du nombre et de la dégradation des pauvres. Voici les paroles et les chiffres d’un homme qui n’est pas suspect : « Tous les pays protestants ont adopté la taxe des pauvres ou la charité légale. Nous nommerons, entre autres, la Norwége, la Suède, le Danemark, la Livonie, les Pays-Bas, l’Al-