Page:Gaume - L'europe en 1848, 1848.djvu/8

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IV.

Double base des sociétés modernes.

Quand Jésus-Christ parut, il ne trouva sur la face du globe que des maîtres et des esclaves. Le monde ancien était constitué sur l’esclavage ; l’exploitation de l’homme par l’homme était le droit public des nations. Le fils de Dieu vint abolir cet humiliant et cruel ordre de choses. Avec la double autorité de la parole et de l’exemple, il proclama les grands principes qui ont inspiré tous les législateurs chrétiens, et que la République elle-même s’est empressée d’inscrire sur ses étendards : Liberté, Égalité, Fraternité. Il fit mieux ; il les grava dans les cœurs, en inspira l’amour, en donna le véritable sens et en sanctionna l’observation.


V.

Loi de la liberté.

Le Rédempteur, s’adressant au travailleur, à l’esclave, lui dit : Tu es libre. « Désormais ton avenir, l’avenir de ta femme et de tes enfants repose entre tes mains ; à toi de le rendre prospère. Secoue tes chaînes ; lève-toi et travaille. »

Transporté de reconnaissance, l’esclave couvrit de larmes brûlantes la main de son libérateur. Toutefois, il lui dit : « Il est vrai, jusqu’ici j’ai porté des fers ; mais par compensation mon existence était assurée. Maintenant que je suis libre, je n’aurai plus