Page:Gautier - Œuvres de Théophile Gautier, tome 2.djvu/72

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CHAPITRE VII


La voiture s’arrêta devant une maison de médiocre apparence, dans une rue détournée et solitaire.

Vous connaissez ces maisons du siècle dernier qui n’ont pas été touchées depuis leur fondation, et que l’avarice de leurs propriétaires laisse lentement tomber en ruine.

Ce sont des murailles grises que la pluie a vermiculées et qui sont frappées çà et là de larges taches de mousse jaune, comme le tronc des vieux frênes : le bas en est vert comme un marécage au printemps, et l’on pourrait composer une flore spéciale de toutes les herbes qui y poussent.

L’ardoise du toit n’a plus de couleur ; le bois de la porte se dissout en poussière et semble près de voler en éclats au moindre coup de marteau. De fausses fenêtres, autrefois barbouillées en noir pour simuler les carreaux et dont la peinture a coulé du second étage jusqu’au premier, montrent que l’on a fait, en bâtissant la