Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/10

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gnons et qui semblait d’une condition au-dessus de la leur, demeura debout et ne prit point part à la prière. Un sourire empreint d’un vague mépris errait même sur ses lèvres, lorsque ses yeux s’abaissaient vers le groupe prosterné et pieux ; alors, relevant le front, il fixait son regard clair sur le soleil, et en supportait l’aveuglante clarté d’un air de défi et d’orgueil.

Bien qu’il eût l’aspect d’un maître, ce beau jeune homme ne semblait pas commander aux gens qui formaient la caravane.

C’étaient des marchands qui colportaient du natrum, de la myrrhe, de la poudre de santal et toutes sortes d’aromates et de plantes médicinales, et qui quelquefois aussi, par occasion, revendaient des esclaves.

Lorsqu’il plut aux marchands de se remettre en marche, le jeune homme marcha parmi eux sans se plaindre, bien qu’il parût très las et peu accoutumé à la fatigue.


Bientôt les pointes roses des obélisques se