Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/104

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— Non, il s’agit d’un enfant encore dans ses langes, affirma le grand-prêtre.

Herode sortit avec les mages de la salle en Pierres Taillées et leur dit, en cachant mal son agitation :

— Allez ! allez à Bethlehem ; informez-vous bien exactement de cet enfant, et, quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que moi-même j’aille aussi l’adorer.

En quittant le Sanhedrin, les étudiants avaient répandu la nouvelle par la ville, et quand les mages la traversèrent de nouveau, elle était emplie, malgré la nuit, d’une multitude houleuse et émue ; il y avait surtout une vieille prophétesse, nommée Anne, qui ne quittait jamais, d’ordinaire, le parvis du temple et qui, ce soir-là, parcourait les rues, tout échevelée, criant à perdre haleine :

— Réjouis-toi, Jérusalem ! Car le Messie attendu vient de naître à Bethlehem !

Le ciel se découvrit tout à fait quand les trois rois franchirent la porte occidentale de la ville, et l’étoile aux cheveux d’or leur