Page:Gautier - Fleurs d’orient.djvu/113

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C’est ce qui a lieu, en partie, pour ces quatre femmes qui furent assez célèbres pour mériter le titre des Quatre Sages de l’Arabie ; leurs noms sont encore fameux aujourd’hui, mais on sait, en somme, peu de chose sur elles. L’une se nommait Sohr, fille de Lokman, l’autre Djouma, fille de Djadis, la troisième Amra, fille d’Amir le Juste, la dernière Hind, fille de Khous. De Djouma et de Sohr on ne sait rien, si ce n’est qu’elles possédaient une haute intelligence, une grande sagesse, et que la justesse de leur jugement leur valait l’admiration générale.

Sur Amra on raconte une anecdote curieuse : son père était juge et chef suprême de sa tribu. Des points les plus reculés de l’Arabie on venait vers lui, pour soumettre à son expérience et à sa sagesse les questions difficiles. Il jugea longtemps avec la plus parfaite équité, mais l’âge vint affaiblir la lucidité de son esprit, et il lui arriva quelquefois de décider injustement.

Un jour Amra, qui de derrière un rideau